Résultats du PIRLS 2016

Résultats du PIRLS 2016

Le PIRLS (Programme International de Recherche en Lecture Scolaire) est une évaluation de la compréhension de l’écrit qui suit les tendances du rendement des élèves à un intervalle de cinq ans depuis 2001. Le PIRLS représente la norme mondiale au chapitre de la compréhension de l’écrit des élèves de 4e année. L’étude a porté sur 320 000 écoliers âgés entre 9 et 10 ans.

Les résultats de cette étude viennent d’être publiés et le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas reluisants pour dix pays qui se distinguent par une baisse significative de classement en comparaison avec l’évaluation faite il y cinq ans des enfants dans leur quatrième année de scolarité : il s’agit de la Belgique, du Canada, du Danemark, de la France, de l’Iran, de Malte, d’Israël, de Nouvelle Zélande, du Portugal et des États-Unis. La Russie, Singapour, Hong Kong, l’Irlande et la Finlande sont, dans cet ordre, les plus performants dans ce domaine, tandis que le Maroc, l’Égypte et l’Afrique du Sud ferment la marche.

Le niveau en lecture des élèves français est passé en 15 ans de préoccupant (en 2001), à inquiétant (en 2006 et 2011), pour cette fois, être particulièrement alarmant (en 2016). Un recul significatif est observé par rapport à l’édition 2011. Ainsi, la France se classe en queue de peloton des pays européens, loin derrière l’Irlande, la Finlande, la Pologne, l’Irlande du Nord, la Norvège, l’Angleterre, la Lettonie, la Suède et la Hongrie, pour ne citer par ordre décroissant que les pays européens les mieux classés.

Mais le coeur du problème n’est pas en 4e année. Les jeunes enfants prennent du retard dans le développement du langage dès les premières années de leur vie, ce qui explique en partie les difficultés que l’on retrouve en lecture et compréhension. Pourtant, les neurosciences démontrent que la sensibilité cérébrale qui entre en jeu dans des domaines très importants du développement, comme le contrôle émotionnel, les compétences sociales, le langage et le calcul, atteint un pic au cours des trois premières années de vie de l’enfant. Il conviendrait donc de changer notre approche. Quand nous parlons « éducation » et « pédagogie », nos discours ne prennent pas en compte l’importance des premières années de vie et donc des services de garde/CPE pour éveiller les enfants au langage, à travers de la musique, des sons et des jeux par exemple. De même, on tend à minimiser le rôle primordial de la maternelle pour préparer les jeunes enfants à entrer avec succès dans la scolarité obligatoire, préférant considérer à tort que la scolarisation quasi universelle à ce niveau d’éducation est un gage suffisant de qualité.

De ce fait, lorsqu’on regarde les programmes et les pratiques au sein des services de garde/CPE, à la maternelle et en début du primaire, on voir une totale déconnexion des notions, des approches et de la logique de l’enseignement. Voici en exemple des cas de rupture totale entre les niveaux :

  • les CPE montrent la chanson de l’alphabet et les lettres majuscules
  • les classes de maternelle n’abordent que « quelques lettres et sons » sans se concentrer sur la calligraphie mais sur la psychomotricitié. Si les le tracé des lettres est enseigné, c’est souvent la lettre minuscule qui est montrée.
  • les classes de première année abordent l’ensemble des lettres, des phonèmes complexes, les différents types d’écriture et vont même jusqu’à montrer l’écriture cursive qui n’a jamais été montrée dans les années précédentes.

Plusieurs pays ont été cités en exemple quant à l’importance que leur gouvernement donne au soutien en littératie. Par exemple, l’Allemagne dispose d’un programme de soutien au langage très étoffé et organisé. Ils ont même un programme de germanisation très intense grâce à des activités de jeux ludiques permettant de travailler l’oral pendant 12-24 mois au sein des garderies et classes préscolaires ayant surtout des populations immigrantes. Il existe même un arrimage entre ce programme et l’école primaire pour s’assurer que tous les enfants puissent bien comprendre les consignes de base à l’oral. Aux Pays-Bas, on note le même constat. Depuis 2009 ils ont implanté un programme d’éveil au langage oral pour des enfants de 2 ans et demi jusqu’à 4 ans. Ils notent que la majorité des enfants arrivent désormais beaucoup mieux préparés à l’école primaire avec un langage oral et des fonctions exécutives très solides.

Le débat actuel sur cette étude PIRLS se concentre sur l’école primaire. Cependant, ces résultats doivent également nous alerter sur ce qui se passe avant l’entrée en 1ère année et nous obliger à repenser notre système de petite enfance (CPE, pré-maternelles et maternelles). Ce système ne favorise pas assez l’éveil au langage du jeune enfant, avant son entrée à la maternelle. Pire, les difficultés des élèves les plus fragiles s’amplifient durant la scolarité en maternelle. En conséquence, 20% des élèves qui entrent au 1ère année ne maitrisent qu’entre 200 à 250 mots de vocabulaire quand les autres pays en sont déjà en moyenne à 1 200 mots.

Notons que l’étude au Canada a été réalisée que chez 36% des écoles ont participé à cette étude, contrairement à 98% des écoles en Ontario. Considérant que nos deux provinces n’enseignent pas du tout selon le même programme et selon la même organisation scolaire, il est alors difficile d’en extraire des conclusions fiables. Notons que pour participer à ces études, les écoles doivent obtenir l’accord parental.

Résultats complets de cette étude : cliquez ici.

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